PHILIPPE II D’ESPAGNE


PHILIPPE II D’ESPAGNE
PHILIPPE II D’ESPAGNE

Si Charles Quint jouit auprès des historiens d’une réputation flatteuse, Philippe II reste un des personnages les plus discutés des Temps modernes. Pourtant jamais fils ne fut plus soucieux de continuer l’œuvre de son père, de rester fidèle à ses instructions.

Cependant les temps avaient changé. Alors que l’empereur avait longtemps espéré une réconciliation des chrétiens, désormais l’entente n’était plus possible entre catholiques et protestants. De là l’accusation de fanatisme souvent portée contre Philippe II. Mais, à quelques exceptions près, on pourrait le dire de la plupart des hommes d’État de la seconde moitié du XVIe siècle. Peu différent de ses contemporains, le roi d’Espagne était profondément religieux, sûr de son bon droit et enclin à la rigueur.

Les principaux traits de sa personnalité furent une grande puissance de travail au service d’une intelligence moyenne, une réelle timidité et le goût de la solitude. Bien différent en cela de Charles Quint, il se comporta en véritable Ibérique, ne parlant que le castillan et le portugais, et il ne quitta plus la Péninsule après 1559. Débarrassé du titre impérial et du guêpier allemand, maître après 1581 de deux empires coloniaux, il fut en réalité plus puissant que son père.

Il n’aimait pas la guerre, mais se laissa entraîner dans trop de conflits, en Méditerranée contre les Turcs, dans l’Atlantique contre l’Angleterre, en France contre les partisans d’Henri IV. La révolte des Pays-Bas fut la plaie inguérissable du règne. Les nécessités de la guerre obligèrent Philippe II à tripler les charges financières de la Castille. Est-ce là l’origine de la décadence? En partie sans doute. Des recherches récentes donnent à penser que les épidémies de la fin du XVIe siècle et du XVIIe siècle y ont contribué tout autant.

Un prince riche de plusieurs royaumes

Fils de Charles de Habsbourg et d’Isabelle de Portugal, le prince Philippe naquit à Valladolid le 21 mai 1527 et fut confié aux soins d’une noble dame portugaise. Lorsqu’il eut atteint l’âge de sept ans, son père lui constitua une maison. Son précepteur, Juan Martínez Siliceo, un ecclésiastique, lui enseigna le latin. Son gouverneur, don Juan de Zúñiga, lui fit pratiquer l’escrime, la chasse et la danse.

Premiers gouvernements (1540-1559)

En 1543, l’empereur quitta l’Espagne pour de longues années et nomma le prince Philippe régent. Philippe épousa sa cousine Marie de Portugal, qui mourut en donnant le jour à don Carlos. Charles Quint lui avait conféré en 1540 l’investiture du duché de Milan, puis lui fit entreprendre en 1548 un voyage en Italie, aux Pays-Bas et en Allemagne, laissant la régence à sa fille Marie et à son gendre Maximilien. Revenu en Espagne en 1551, Philippe s’embarqua en 1554 pour l’Angleterre, muni du titre de roi de Naples, pour épouser la reine Marie Tudor. Aucun héritier n’étant né de cette union, l’empereur rappela son fils à Bruxelles. Peu après, il abdiqua en sa faveur, lui transmettant la souveraineté des Pays-Bas (sept. 1555) puis celle de l’Espagne (janv. 1556).

Il retourna en Castille au moment où les hostilités éclataient en Italie contre Paul IV, soutenu par Henri II. Le duc d’Albe envahit les États pontificaux et empêcha le duc de Guise de conquérir Naples. Philippe II resta aux Pays-Bas d’où ses armées menaçaient directement la France. La victoire de Saint-Quentin ne put être exploitée et fut compensée par la prise de Calais par François de Guise. À la fin, Henri II et Philippe II, à bout de ressources et inquiets des progrès du protestantisme, firent la paix au CateauCambrésis (3 avr. 1559). L’Italie était soumise à l’hégémonie espagnole, la France conservait Calais et les Trois-Évêchés. Veuf de Marie Tudor, Philippe se remaria avec Élisabeth de Valois. La réconciliation des deux dynasties mettait fin à un conflit qui durait depuis quarante ans. N’ayant plus de raison majeure de demeurer aux Pays-Bas, le roi, répondant aux vœux de l’opinion espagnole, regagna la Péninsule, qu’il ne devait plus quitter. En son absence, sa sœur Jeanne, veuve du prince de Portugal, avait exercé la régence.

Le gouvernement de l’Espagne (1559-1598)

Philippe II ne changea rien aux institutions de l’Espagne, les États de la couronne d’Aragon restant distincts de la Castille, pays le plus peuplé, le plus riche et le plus soumis. Il y résida la plupart du temps. Madrid devint le siège du gouvernement, tandis que le souverain faisait bâtir l’immense palais de l’Escorial, achevé seulement en 1584. Peu martial, sédentaire, il consacra tout son temps aux affaires de l’État. Roi bureaucrate, il n’hésitait pas à entrer dans les plus minimes détails.

Ses conseillers se divisaient en deux clans, l’un mené par le prince d’Éboli et le secrétaire Antonio Pérez, l’autre par le duc d’Albe et plus tard le cardinal Granvelle. Quelques affaires dramatiques sont restées célèbres. Tout d’abord le conflit qui opposa le roi à son fils don Carlos, disgracié par la nature et incapable de régner. Ayant intrigué avec les rebelles des Pays-Bas, celui-ci fut emprisonné et mourut mystérieusement (1568). Tout aussi ténébreuse fut l’affaire Antonio Pérez, où le rôle du souverain n’a pas été éclairci. Pérez, responsable en 1578 du meurtre d’Escovedo, secrétaire de don Juan d’Autriche, frère naturel du roi et alors gouverneur des Pays-Bas, fut arrêté en même temps que la princesse d’Éboli. Il s’échappa et se réfugia en Aragon, où il suscita des troubles. Saragosse, en état de rébellion, fut durement châtiée. Tandis que Pérez réussissait à gagner la France, le grand juge, Juan de Lanuza, fut exécuté (1591). L’année suivante, les libertés de l’Aragon furent restreintes.

Vigilant défenseur de l’orthodoxie religieuse, Philippe II soutint l’Inquisition. Des groupes suspects de protestantisme furent décimés par des autodafés à Valladolid et à Séville. L’archevêque de Tolède, Bartolomé de Carranza, fut emprisonné (1559-1567), ce qui provoqua un conflit de juridiction avec la cour de Rome, qui au bout de sept ans obtint son transfert en Italie. Très pieux, Philippe II fut cependant plus d’une fois en désaccord avec le Saint-Siège, car il était jaloux de ses prérogatives. S’il s’appliqua à empêcher les incursions des huguenots en Catalogne, il ne put réprimer totalement le banditisme.

Son ambitieuse politique extérieure l’entraîna à des dépenses démesurées, supportées surtout par la Castille. Il tripla les recettes de cet État, qui passèrent de 1 240 millions de maravédis en 1556 à 3 649 millions en 1598, grâce au rétablissement de l’impôt pour la croisade, à l’augmentation de l’alcabala , taxe sur les ventes, et aux envois de métaux précieux d’Amérique pour le Trésor, qui montèrent de 260 à 817 millions. Il conclut avec des hommes d’affaires, principalement génois, des contrats (asientos ) pour transférer des fonds en Italie et aux Pays-Bas. À trois reprises, en 1557, 1575 et 1596, il fallut suspendre les paiements de l’État et transformer la dette flottante en dette consolidée. En 1598, le montant des rentes (juros ) avait triplé.

Philippe II fonda la bibliothèque de l’Escorial et une Académie des sciences à Madrid. Il fit rédiger des Relaciones topográficas , qui décrivent minutieusement certaines provinces.

La défense du catholicisme

La lutte contre l’islam

Les Turcs avaient la maîtrise de la mer en Méditerranée. En 1560, une expédition contre l’île de Djerba tourna au désastre. Patiemment, le roi constitua de puissantes forces navales et put ainsi reprendre le Peñón de Vélez, sur la côte du Rif, puis envoyer l’escadre de don García de Toledo porter secours à Malte assiégée par les Turcs (1565). Ces brillants résultats furent compromis par la révolte des morisques de Grenade, convertis officiellement au christianisme, mais fidèles en secret à l’islam. En prétendant leur imposer les coutumes espagnoles, on provoqua un soulèvement (Noël 1568). Pendant deux ans, les insurgés tinrent tête aux forces royales, dont bientôt don Juan d’Autriche prit le commandement. En expulsant la population morisque et en la dispersant dans le royaume de Castille, on priva les combattants de leur soutien et la révolte prit fin.

Cependant le vice-roi d’Alger, Euldj Ali (Ali le Renégat), en avait profité pour chasser de Tunis un émir favorable aux Espagnols (1569) et la Turquie avait lancé un ultimatum à Venise, réclamant la cession de Chypre.

Fidèle à l’esprit de croisade, le pape Pie V s’efforça d’unir les chrétiens contre le danger turc. De laborieuses négociations aboutirent en mai 1571 à la constitution de la Sainte Ligue qui associait les forces navales de l’Espagne, de Venise et du Saint-Siège sous le commandement de don Juan d’Autriche. Celui-ci concentra les escadres à Messine et, se portant à la rencontre de l’ennemi, détruisit la flotte turque à Lépante (7 oct. 1571). Cette victoire eut un immense retentissement dans la Chrétienté, mais la coalition fut affaiblie par la mort de Pie V et les dissensions entre Espagnols et Vénitiens. Les Turcs ayant reconstitué leur flotte, la campagne de 1572 sur les côtes de Morée se solda par un échec. Les Vénitiens, qui n’avaient pu empêcher la conquête de Chypre, signèrent en mars 1573 une paix séparée, à des conditions assez humiliantes, pour rétablir leur commerce dans le Levant. L’Espagne continua les hostilités. Don Juan s’empara de Tunis, repris l’année suivante par Euldj Ali, qui prit même La Goulette (sept. 1574). Après cette date, les grandes opérations navales cessèrent. Une trêve conclue en 1578 fut renouvelée à plusieurs reprises. Mais les corsaires barbaresques, solidement installés à Alger, maintinrent l’insécurité sur mer, tout en étant contrecarrés par la course chrétienne.

La lutte contre le protestantisme

À son départ de Bruxelles en 1559, Philippe II avait laissé le gouvernement des Pays-Bas à Marguerite de Parme, fille naturelle de Charles Quint, le pouvoir effectif revenant à Antoine Perrenot, un Comtois, plus tard archevêque de Malines, sous le nom de cardinal Granvelle. De nouveaux évêchés furent créés et les troupes espagnoles évacuèrent le pays. Mais l’opposition, menée par deux grands seigneurs, le comte d’Egmont et Guillaume de Nassau, prince d’Orange, ne désarma pas. Philippe II rappela Granvelle (1564), mais refusa d’adoucir les mesures de rigueur contre les hérétiques. On aboutit ainsi à un front commun entre opposants politiques et religieux. En août 1566, les calvinistes saccagèrent les églises. La régente rétablit la situation. Mais Philippe II, résolu à châtier sévèrement les rebelles, lui enleva ses pouvoirs au profit du duc d’Albe, qui arriva en août 1567 à Bruxelles à la tête d’une armée et fit arrêter puis exécuter les comtes d’Egmont et de Horn. Le duc institua le Conseil des troubles, qui prononça de nombreuses condamnations capitales, et établit de lourds impôts. Il avait infligé plusieurs échecs à Guillaume d’Orange et à ses partisans et semblait maître du pays, lorsqu’en avril 1572 les «gueux de mer» s’emparèrent du port de La Brielle et réussirent à soustraire la Zélande et la Hollande à la domination espagnole. Philippe II remplaça le duc d’Albe par don Luis de Requesens, chargé d’appliquer une politique d’apaisement qui n’eut guère de succès. La Zélande et la Hollande nommèrent Guillaume stathouder. À la mort de Requesens (1576), la situation des Espagnols devint critique. Le sac d’Anvers renforça la coalition des calvinistes et des opposants politiques, qui signèrent la pacification de Gand. Don Juan d’Autriche, nommé gouverneur, dut en accepter les conditions et renvoyer les troupes espagnoles. Excédé, il se réfugia à Namur, laissant Bruxelles aux mains des partisans de Guillaume d’Orange, qui s’entendit avec les états généraux. Changeant encore de politique, le roi lui envoya une nouvelle armée, sous la direction d’Alexandre Farnèse. La victoire de Gembloux permit à don Juan de reprendre Bruxelles, mais il mourut peu après (1578).

Le successeur de don Juan, Alexandre Farnèse, habile diplomate et homme de guerre, s’entendit avec les provinces catholiques du Sud qui formèrent l’Union d’Arras, à laquelle répondit l’Union d’Utrecht, calviniste (1579). Le duc d’Anjou, frère d’Henri III, appelé par les insurgés, puis Guillaume d’Orange, assassiné, disparurent tous deux de la scène politique (1584). Farnèse, menant patiemment une guerre de siège, reprit un grand nombre de places et couronna ses succès par la prise d’Anvers (1585). Mais il ne put effectuer la reconquête intégrale, car Philippe II le chargea de préparer l’invasion de l’Angleterre, puis d’intervenir en France. Protégés par des lignes d’eau et maîtres de la mer, Hollandais et Zélandais restaient irréductibles. Dès 1591, le sort des armes changea. Maurice de Nassau, fils de Guillaume, conquit plusieurs places avant la mort de Farnèse (1592) et continua sous ses successeurs, Mansfeld, l’archiduc Ernest, Fuentes et l’archiduc Albert de Habsbourg. Enfin, Philippe II se résolut à céder le gouvernement à ce dernier, qu’il maria à sa fille Isabelle Claire Eugénie. Les provinces du Sud se rallièrent, non celles du Nord (1598).

En France, au début, Philippe II se borna à conseiller à Catherine de Médicis une politique de rigueur à l’égard des huguenots (conférences de Bayonne, 1565). Plus tard, quand Henri de Navarre devint héritier présomptif, il s’entendit avec les Guise par le traité de Joinville (1584). Il soutint les ligueurs en envoyant Farnèse débloquer Paris (1590), puis Rouen (1592), mais ne put obtenir des états généraux l’acceptation d’une candidature habsbourgeoise au trône de France. Après l’abjuration d’Henri IV, il s’obstina à soutenir ses adversaires. Henri IV lui déclara la guerre en 1595, fut victorieux en Bourgogne, mais perdit Calais et Amiens, repris par la suite. La paix de Vervins (2 mai 1598) maintint le statu quo.

Les empires d’outre-mer et le conflit avec l’Angleterre

L’empire espagnol d’Amérique ne s’accrut pas sensiblement. À signaler la fondation définitive de Buenos Aires en 1580 et les dons d’organisateur dont fit preuve le vice-roi du Pérou, don Francisco de Toledo. Le fait essentiel fut l’accroissement de la production des métaux précieux et surtout de l’argent, grâce au procédé de l’amalgame avec du mercure, employé au Mexique, puis au très riche gisement du Potosi, dans la Bolivie actuelle. À partir de 1580 environ, les envois d’argent pour le compte du roi et des particuliers atteignirent des chiffres record, qui permirent à Philippe II de mettre en œuvre sa grande politique. En Asie, à la suite des voyages de Legazpi et d’Urdaneta (1564-1565), qui établirent la liaison entre Manille et le Mexique, la colonisation et l’évangélisation des Philippines purent commencer.

À l’empire espagnol s’ajouta en 1581 l’empire portugais. Le roi Sébastien, tué au Maroc en 1578, avait été remplacé par son oncle, le cardinal Henri. À la mort de ce dernier (1580), Philippe II, dont les droits à la succession étaient très sérieux, fut soutenu par la noblesse et le haut clergé, mais les classes populaires se rallièrent à don Antonio, prieur de Crato. L’armée du duc d’Albe le chassa du Portugal et Philippe II fut reconnu dans tout l’empire, sauf à l’île Terceira des Açores. Une flotte franco-portugaise fut détruite en juillet 1582 par don Álvaro de Bazán, qui soumit ensuite Terceira [cf. PORTUGAL].

Ce sont les visées anglaises sur l’Amérique qui déterminèrent le conflit avec l’Espagne, tout autant que la politique protestante d’Élisabeth. Au début, Philippe II, fidèle aux instructions de son père, avait cherché à maintenir l’alliance anglaise. Il ménagea Élisabeth et contribua à retarder l’excommunication papale. Un premier conflit se produisit en 1568 en Europe, lors de la saisie de navires qui portaient de l’argent au duc d’Albe. Il eut des conséquences fâcheuses pour les relations maritimes entre Espagne et Pays-Bas. En Amérique, les voyages de Hawkins aboutirent à un combat dans la rade de Saint-Jean d’Ulua. Le traité de Bristol (1574) rétablit pour un temps les bonnes relations. Les pirateries de Drake et l’aide fournie par Philippe II aux Irlandais révoltés les troublèrent. Le grand conflit éclata en 1585. L’Invincible Armada, préparée par don Alvarode Bazán, menée après sa mort par le duc de Medina Sidonia, fut mise en échec par les Anglais devant Calais et Gravelines. Elle regagna l’Espagne en faisant le tour des îles Britanniques et en perdant de nombreuses unités (1588). Mais le commerce des «Indes» ne fut pas interrompu et, par la suite, les Anglais subirent des échecs aux Açores et en Amérique. Philippe II mourut le 13 septembre 1598, laissant le trône à Philippe III, né de son quatrième mariage, avec Anne d’Autriche.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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